« L’envie est là »

Citroën Racing a officialisé hier son programme mondial en rallye pour 2018. Comme prévu, Sébastien Loeb est de retour, pour le plaisir et sur trois manches : Mexique, Corse et Catalogne. Avec l’objectif de « faire du mieux possible ».

Alors que Citroën Racing dévoilait hier ses équipages pour la campagne 2018 en championnat du monde des rallyes, Sébastien Loeb dévalait tranquillement les pistes de Méribel.
Les ambitions de la marque au double chevron dans la discipline sont bien moins élevées qu’à l’époque où l’Alsacien en était le maître incontesté. Pour se mêler à la course au titre, un seul pilote – le Nord-Irlandais Kris Meeke – disputera la saison complète, soit 13 manches.

« Des épreuves que j’apprécie »

Le jeune Irlandais Craig Breen sera titulaire dans la seconde C3 WRC, sauf quand Loeb reprendra du service, à savoir au Mexique début mars, en Corse début avril, et enfin en Catalogne fin octobre. À quoi correspond ce retour très partiel ? Réponses avec le principal intéressé.

– Pourquoi revenir en rallye, cinq ans après votre neuvième et dernier titre mondial ?
– Parce qu’à la maison, je m’ennuie (rires)   ! Plus sérieusement, les sensations que j’éprouve au volant d’une WRC restent incomparables. J’ai pu m’en rendre compte lors des deux séances d’essais avec Citroën ces derniers mois, mais aussi en course au Rallye du Var (fin novembre au volant d’une Peugeot 306 Maxi) , où j’ai vu que je pouvais encore aller vite, sur asphalte en tout cas. Les années passent, mais l’envie est toujours là. L’écurie m’a proposé ce mini-programme, je l’ai accepté.

– N’étiez-vous pas tenté d’en faire un peu plus ?
– Non, à aucun moment. Il fallait déjà trouver des épreuves qui se disputent en dehors du calendrier de rallycross (avec Peugeot) qui reste ma priorité, en fonction des intérêts de Citroën et de mes goûts. Je ne souhaitais pas surcharger mon emploi du temps, comme à l’époque. Mais plutôt que de courir au Var ou au Chablais (rallye régional suisse où Loeb a ses habitudes) , autant aller au Mexique ou en Corse !

– Le fait d’avoir été souvent en réussite, que ce soit sur la terre mexicaine (six succès), en Corse (quatre) ou en Catalogne (huit), a-t-il compté dans votre choix ?
– Oui, forcément. Ce sont des épreuves que j’apprécie et que je connais un peu, même si les souvenirs commencent à devenir vagues. Avec Daniel (Elena, son copilote) , il va falloir que l’on se replonge là-dedans. À commencer par le Mexique, qui arrive vite dans la saison. Mais il ne faut pas croire que l’on va débarquer et dompter nos adversaires !

« Vieux comme le monde »

– Pourtant, quand le nonuple champion du monde revient aux affaires, les attentes sont grandes. Vous en êtes conscient ?
– Bien sûr. C’est d’ailleurs le seul truc qui m’a fait un peu hésiter. Les voitures sont d’une nouvelle génération, la concurrence aussi et elle ne nous a pas attendus. Et moi, je suis vieux comme le monde (il aura 44 ans en février prochain)…
Alors, oui, les gens vont se dire que si je reviens, ce n’est pas pour faire de la figuration. Mais la probabilité de prendre une branlée, comme d’autres revenants avant moi (McRae en 2006, par exemple) est plus élevée que celle de gagner. Il faut l’assumer. En résumé, mon objectif est de faire ce que je peux…

– L’aventure avec Citroën s’était achevée en queue de poisson, quand votre contrat n’a pas été reconduit fin 2015. Êtes-vous aussi heureux de renouer le fil de l’histoire ?
– Ça va faire plaisir de retrouver des têtes connues. Je pense en particulier à Didier Clément, mon ingénieur de l’époque, ou aux mécanos qui m’avaient accompagné durant toutes ces années. Je ne parle pas de Daniel Elena, que je n’ai jamais réussi à semer et qui va encore m’épauler sur les pistes du Dakar en janvier !

Sébastien Keller © Dernières Nouvelles d’Alsace 21/12/2017