Un fauve en liberté

Sébastien Loeb n’est pas passé inaperçu, ce week-end lors de la course de côte Turckheim. Plus de 10 000 spectateurs ont suivi le champion alsacien au volant d’un authentique fauve, la Peugeot 208 Pikes Peak.

« Vous annoncez Sébastien Loeb, vous pouvez vous attendre à remplir votre jardin ». La formule est de Franck Mader, organisateur – exténué mais comblé, hier soir – de la course de Turckheim.
Elle résume assez bien l’engouement sans précédent autour de cette 61e édition. « Les chiffres, c’est du jamais vu ici », ajoute celui qui ne regrette pas d’avoir insisté auprès de la Fédération française pour déplacer d’une semaine la date de l’épreuve et s’assurer ainsi de la présence de Loeb.

« L’adrénaline et les sensations sont au rendez-vous »

C’est bien simple. Samedi soir, à l’issue d’une journée d’essais pourtant pluvieuse, plus de 3 000 spectateurs avaient déjà été recensés, soit autant que l’an dernier sur l’ensemble du week-end. Et hier, sous un ciel redevenu clément, plus de 10 000 personnes se sont dépêchées au bord de la route vers les Trois Épis, en s’arrêtant bien évidemment devant la structure privée du champion, le Sébastien Loeb Racing Team.
C’est que le pilote ne s’était plus “produit” dans sa région natale depuis belle lurette. La dernière fois, c’était lors du Rallye de France, son dernier avec la combinaison Citroën sur le dos, en octobre 2013. « Ça ne s’était pas terminé comme je l’avais espéré, puisque j’avais fini sur le toit, se marre le nonuple champion du monde. Je suis content d’être de retour en Alsace, de voir que le sport auto attire autant de monde et que je suis toujours soutenu. On est là pour s’amuser et faire plaisir aux gens. »
Au relais des amateurs qui se bagarrent tout au long de la saison en championnat de France de la montagne, Sébastien Loeb s’est élancé au volant des bolides de sa collection personnelle : deux voitures de rallye, la Peugeot 306 Maxi et la Citroën C4 WRC, et un fauve rugissant encore jamais lâché en France, à savoir la Peugeot 208 T16 avec laquelle il avait établi le record à Pikes Peak, la course de côte la plus folle au monde, en 2013.
« Ce sont des voitures sympas à conduire, même si celles de rallye ne sont pas forcément adaptées à un tracé aussi large et rapide, précise-t-il. La 208 Pikes Peak, en revanche, c’est parfait. Ce n’est pas tous les jours qu’on peut sortir un tel engin du garage. Et même si je ne suis pas venu pour faire la course, l’adrénaline du pilotage et les sensations sont au rendez-vous. Je suis toujours autant impressionné par cette voiture ».

« Je suis resté un gamin »

Histoire de faire partager les sensations vécues dans le baquet, Loeb a sollicité ses mécanos. « Je leur ai demandé de réfléchir à l’installation d’un petit siège d’appoint, pour que les copains en profitent. C’est plus fort que moi, je suis resté un gamin ! »
Un enfant qui n’a pu s’empêcher de comparer ses temps à ceux de Romain Dumas, l’autre invité de marque du week-end, et des hommes de pointe du championnat, le vainqueur Geoffrey Schatz et son dauphin Sébastien Petit en tête (lire ci dessous).
« Comme je ne participe pas à la course, je ne peux pas communiquer autour des temps, s’excuse-t-il. Mais j’ai quand même vu que j’étais dans le coup, à une seconde près des meilleurs… »
Entre deux montées, Loeb a aussi répondu aux sollicitations de ses fans, qui ont campé devant la structure SLR pour obtenir un selfie ou un autographe.
Cette parenthèse récréative étant refermée, le pilote Peugeot va mettre le cap sur la Lettonie, où se court une manche du Championnat du monde de rallycross le week-end prochain. Et début octobre, c’est le Dakar qui se préparera sur les pistes du Rallye du Maroc.
Mais hier, c’est un fauve en liberté qui a été lâché dans le jardin de Turckheim. Il y avait foule pour le suivre du regard.

Sébastien Keller © Dernières Nouvelles d’Alsace 11/09/2017