« Envie que ça gagne »

Après une saison de découverte en championnat du monde de rallycross (WRX), Sébastien Loeb espère être en mesure de se « battre devant, pour la victoire et le titre ». Un souhait, mais pas une certitude pour le pilote Peugeot, qui attend de voir à quel niveau se situe la concurrence, ce week-end à Barcelone, lors de la manche d’ouverture.

Sur le circuit de Barcelona-Catalunya , habituel théâtre du Grand Prix de Formule 1, Sébastien Loeb est au centre de toutes les attentions. “El piloto alsacico” , comme on le présente là-bas, s’y sent comme à la maison. « J’aime la ville et son circuit, où j’ai plein de bons souvenirs, dit-il. J’y ai roulé avec à peu près tout ce qui a un moteur : en F1, en 908 Le Mans, en WTCC, en Porsche et même à moto ! »

« Le sentiment que les choses ont été bien faites »

Ce week-end, c’est au volant de la Peugeot 208 WRX que le quadragénaire entamera sa deuxième saison de rallycross. L’an dernier, avec une victoire – en Lettonie – et trois podiums à son actif, il avait fini au cinquième rang d’un championnat dominé par le Suédois Mattias Ekström (Audi S1). Forcément, il vise plus haut.

– À l’orée de la nouvelle saison, quelles sont vos ambitions ?

– Essayer de faire mieux que l’an dernier. J’espère être en mesure de me battre devant, pour la victoire et le titre. Avec Peugeot (en charge du développement de la 208) et le team Hansen (qui s’occupe de l’exploitation de la voiture) , on a bien bossé durant l’intersaison. J’ai le sentiment que les choses ont été bien faites. Mais tant que l’on n’aura pas vécu un week-end de course, il est impossible de dire où l’on se situe par rapport à la concurrence.

– En quoi la voiture est-elle plus compétitive que l’an dernier ?

– Peugeot nous a fourni un nouveau moteur. Les “ingés” ont trouvé quelques chevaux supplémentaires. On a donc gagné sensiblement en puissance et en poids, tout en améliorant la géométrie et l’aérodynamisme. Bref, il y a plein de petites choses qui devraient rendre la voiture plus performante et polyvalente sur tous les types de terrain. Mais j’imagine que les autres n’ont pas traîné non plus…

– Qui redoutez-vous le plus ?

– À écouter les uns et les autres lors de la présentation officielle de la saison, tout le monde a des voitures qui marchent du feu de dieu !

L’an dernier, Audi et Ekström allaient fort. Ça m’étonnerait qu’ils aient régressé. Et comme ils engagent une troisième voiture (confiée au Letton Reinis Nitišs, en plus du Finlandais Heikkinen) , ça fera un candidat en plus pour les premiers rôles.

Ensuite, il y a l’inconnue Volkswagen. VW débarque avec une Polo issue du modèle de rallye WRC, avec en plus le gros moteur qui fait référence dans le championnat américain de rallycross. Et au volant, il y a Solberg et Kristoffersson. Donc c’est du sérieux…

Enfin, il y a toutes les Ford : les grosses Focus de Ken Block (l’Américain déjanté connu pour ses vidéos sur les réseaux sociaux) et les Fiesta autrichiennes de Timerzyanov et de Timo Scheider (pilote de DTM) , qui ont l’air de bien fonctionner. En ajoutant mes équipiers chez Peugeot (les frères Hansen, Timmy et Kevin) , il y a pas mal de prétendants…

– Les “Lionnes” seront-elles à la hauteur au sein de la meute ?

– Je l’espère ! Chez Peugeot, ils sont en tout cas conscients des forces en présence. Ils savent que l’an dernier, on avait un coup de retard. Ils ont mis les moyens et fait preuve de bonne volonté, en restructurant l’équipe dans son fonctionnement, notamment. Le rallycross, ça fait partie de leurs objectifs. Comme moi, ils ont envie que ça gagne !

Dans le sport auto, on sait aussi que le budget peut vite faire la différence. Si Audi et Volkswagen, qui se sont respectivement retirées de l’endurance et du rallye, mettent dix fois plus d’argent sur la table que nous, ça ne va pas aller. Mais ça, c’est un paramètre que je ne maîtrise pas…

– Parmi ceux que vous maîtrisez, comment jugez-vous vos progrès en termes de pilotage ?

– Comme je partais de rien l’an dernier, ils sont forcément spectaculaires : déjà, je connais le règlement !

Plus sérieusement, l’expérience peut quand même aider. J’aborde mieux l’aspect de la bagarre en peloton. En débarquant sur un circuit, j’ai aussi une idée des réglages à utiliser. Globalement, j’ai pas mal appris en un an. Est-ce que ça va être suffisant ? Je n’en sais rien ! J’aurai une première tendance dimanche…

Propos recueillis par Sébastien Keller © Dernières Nouvelles d’Alsace 01/04/2017