A nouveau d’attaque

S’il a dû se contenter de la deuxième place, hier au Portugal, Sébastien Loeb est reparti du bon pied après une manche d’ouverture loupée à Barcelone. L’Alsacien sait désormais qu’il est en mesure de se battre avec les meilleurs.

Jusqu’au bout, il aura tout essayé. En finale de la manche de Montalegre, hier dans le nord du Portugal, Sébastien Loeb a mis une grosse pression sur les épaules du champion en titre, Mattias Ekström. Avec sa Peugeot 208, il est venu chatouiller le pare-chocs arrière de l’Audi S1 du pilote suédois, déjà victorieux voilà trois semaines à Barcelone.

« Il m’a manqué un petit mètre pour arriver au niveau de sa portière arrière, raconte-t-il. J’aurais alors peut-être pu trouver l’ouverture. Mais là, si j’avais encore insisté, je l’aurais envoyé en tête-à-queue, ce qui m’aurait valu une pénalité. J’ai préféré assurer la deuxième place. »

« Je suis rassuré »

Une sage décision dans l’optique du championnat, sachant que Loeb avait perdu gros lors du week-end inaugural en Catalogne, achevé de manière prématurée, aux portes des demi-finales.

Le spectre d’une nouvelle désillusion a d’ailleurs resurgi hier matin. Malgré deux bonnes séances qualificatives (Q1 et Q2) la veille – 3e et 5e –, l’Alsacien a de nouveau été rattrapé par la poisse en Q3.

À Barcelone, ce sont ses mécanos qui avaient oublié de serrer un cardan. Là, c’est un concurrent, Kevin Eriksson (Ford Fiesta), qui l’a entraîné dans ses travers. « Il a subi un ennui mécanique et a perdu toute sa puissance d’un coup, précise Loeb. Comme j’étais juste derrière lui, je n’ai pas pu l’éviter. »

Dix-neuvième de la troisième manche, le pilote Peugeot perdait ainsi le bénéfice de sa bonne entame. « Heureusement, j’ai réalisé un bon temps dans la dernière manche, poursuit-il. Je sors des “qualifs” à la quatrième place, ce qui m’a permis d’aborder les demi-finales en première ligne. »

Gêné par un accrochage, le quadragénaire colle au train de Mattias Ekström pour boucler sa série en deuxième position. Soit le même ordre qui sera établi en finale.

Ainsi, Loeb quitte le Portugal avec 23 points dans sa valise, soit six de moins que le leader suédois. Un joli total qui le relance toutefois au championnat, où il occupe désormais le sixième rang.

« Sans mes ennuis en Q3, la moisson aurait pu être plus fructueuse, précise-t-il. Mais là n’est pas l’essentiel. Je suis surtout content de me retrouver aux avant-postes. À Barcelone, je n’avais même pas eu l’occasion de me mesurer aux autres. Je ne savais pas si j’avais les moyens d’être dans le coup. Je suis rassuré. Par rapport à l’an dernier, la voiture est plus dynamique et réactive. On sait désormais où l’on se situe. »

Reste encore à régler un petit problème aux conséquences fâcheuses. « On constate que notre point faible se situe dans la première allonge. Je ne sais pas pourquoi, mais par rapport aux Audi et aux Volkswagen, on a à chaque fois une demi-longueur de retard au freinage. Il va falloir bosser là-dessus pour trouver une solution. »

Le pilote a pu exposer la situation à Bruno Famin, le patron de Peugeot Sport qui est venu exceptionnellement soutenir ses troupes au Portugal. « Cela prouve que le programme de rallycross intéresse réellement la marque, apprécie Loeb. Cet hiver, un gros boulot a été fait. On avait un train de retard l’an dernier et on l’a rattrapé. Les choses évoluent dans le bon sens. »

Dans deux semaines à Hockenheim

Avant la prochaine manche, dans deux semaines à Hockenheim (du 5 au 7 mai), une séance d’essais est d’ailleurs programmée en Suède, dans le fief de la famille Hansen, qui exploite les Peugeot 208 en Mondial.

« La concurrence est féroce et on doit nous aussi progresser, dit celui qui compte désormais quatre podiums dans la discipline, plus une victoire. Si je veux avoir une chance pour le titre en fin de saison, il faut de toute façon être régulier chaque week-end. »

Au Portugal, Sébastien Loeb a retrouvé son mordant. Après la déception initiale, le champion est à nouveau d’attaque.

Sébastien Keller © Dernières Nouvelles d’Alsace 24/04/2017