« Être au top l’an prochain »

En piste à Barcelone, aujourd’hui et demain, à l’occasion de la neuvième étape du championnat du monde de rallycross, Sébastien Loeb porte déjà son regard sur 2017. Le Dakar, en janvier, puis une nouvelle saison en WRX sont en ligne de mire.

L’actualité de Sébastien Loeb, en cette fin de semaine, se déroule sur le circuit de Formule 1 de Barcelone. Non pas que l’Alsacien ait entamé une énième reconversion motorisée. À 42 ans, il n’a de toute façon plus l’âge de décrocher un volant dans la reine des disciplines, où évoluent des bambins comme Max Verstappen ou Carlos Sainz Junior qui pourraient quasiment être ses enfants…

Si Loeb est en piste en Catalogne, c’est parce que le Championnat du monde de rallycross y fait étape. Seul un bout du circuit habituellement dévolu aux F1 sera ouvert aux bolides du WRX, qui creuseront également leur sillon sur des secteurs en terre.

« Ce serait quand même bien d’en gagner une… »

Ces sprints furieux en peloton, historiquement dominés par les pilotes scandinaves, sont devenus le lot quotidien de Loeb depuis le début de la saison.

Derrière le quatuor suédo-norvégien – Solberg, Ekström, Kristoffersson et Bakkerud – qui occupe les premières places au général, pointe sa Peugeot 208 WRX. Le nonuple champion du monde des rallyes et homme de tous les records dans sa première vie peut-il se contenter de ce modeste cinquième rang ?

« Ce serait quand même bien d’en gagner une avant la fin de l’année, sourit-il. Plus les courses passent, moins les chances d’y parvenir sont grandes. Mais je ne renonce pas ! »

En neuf manches courues jusque-là, Loeb est monté à trois reprises sur le podium : en Belgique et en Suède (2e ), puis en France (3e ) voilà quinze jours.

A priori, ce n’est pas encore ce week-end que la victoire s’offrira à lui. « Barcelone est un circuit “moteur”, c’est-à-dire que l’accélération y joue un rôle important, explique-t-il. Or la puissance n’est pas notre point fort. Quand tu abandonnes un dixième de seconde à chaque sortie de virage, ça fait une perte d’une seconde à la fin du tour. Et comme les courses sont hyper-serrées, c’est rédhibitoire. »

Mais comme Loeb reste un compétiteur invétéré, pas question de baisser les bras. « L’objectif de cette fin de saison (il restera encore trois courses après Barcelone) , c’est de s’appliquer, avec une voiture bien réglée, pour être au top d’entrée de jeu l’an prochain. »

Jamais à court de motivation, Loeb espère donc se battre pour le titre en 2017 avec la marque au lion, associée dans l’aventure à l’écurie suédoise Hansen. Au royaume des Nordiques, l’Alsacien veut gagner sa place.

Le Dakar commence lundi

D’ici-là, il basculera en mode rallye-raid pour préparer sa deuxième participation au Dakar. Début janvier en Amérique du Sud – d’Asunción à Buenos Aires, en passant par La Paz –, le touche-à-tout voudra confirmer les belles impressions de l’hiver dernier, quand il était sorti de la première semaine de course en tête avant de s’ensabler pour rallier l’arrivée au neuvième rang.

Dès lundi, lors d’une séance d’essais au Maroc, il prendra en main la nouvelle “bête” de Peugeot, la 3008 DKR qui succède à la 2008, victorieuse au Dakar avec Peterhansel et sur la Route de la Soie, cet été, avec Despres.

« Je ne m’attends pas à une révolution, mais les dernières évolutions devraient rendre la voiture encore plus redoutable », conclut-il.

On l’aura compris. Ce n’est pas encore en 2017 que Loeb, tout fier d’avoir réalisé avant de rallier Barcelone un « backflip en wakeboard » – grosso modo un salto arrière sur un surf tiré par un bateau – lèvera le pied. Quand on a la folie de la vitesse chevillée au corps…

Sébastien Keller © Dernières Nouvelles d’Alsace 17/09/2016