« Un passage important »

Le prochain Dakar, en janvier, reste son objectif prioritaire. Pour s’y préparer, Sébastien Loeb participe à un périple au long cours, sur la Route de la Soie. Entre Moscou et Pékin, dix mille kilomètres seront à avaler, à partir d’aujourd’hui.

Avant de rallier Moscou, avec son fidèle copilote Daniel Elena, Sébastien Loeb s’est posé quelques heures en Alsace.

Au plan d’eau de Brumath, où sa femme Séverine a installé, l’espace d’un été, son restautant-bar-lounge Le Dôme à la mode tropézienne, le pilote Peugeot est revenu sur sa première partie de saison en rallycross.

« Réussir à passer entre les embûches »

Puis il a évoqué son road-trip à venir entre la Russie, le Kazakhstan et la Chine. Le tout en prévision du prochain Dakar, la course qu’il espère gagner un jour.

– Quel regard portez-vous sur votre première partie de saison en Championnat du monde de rallycross?

– Globalement, cette discipline me plaît. J’y ai découvert une belle ambiance, bien plus décontractée qu’en circuit. Sportivement, il y a de la tension, de l’intensité, une montée d’adrénaline à chaque départ, avec des voitures qui marchent fort.

– Êtes-vous satisfait de votre quatrième place au général, à mi-parcours?

– En dehors des manches à Hockenheim et en Angleterre, j’ai plutôt été dans le coup à chaque fois. Au championnat, je suis relégué à 36 points du leader (le Suédois Mattias Ekström, Audi). C’est à la fois peu et beaucoup.

En même temps, je débute dans cette discipline de spécialistes, où les Scandinaves excellent. Et je me rends compte que je ne suis plus si loin que ça des meilleurs.

– Quel sera votre objectif en seconde partie de saison?

– Il reste six manches (la première d’entre elles est programmée début août au Canada) et j’aimerais inverser la tendance. Je me sens de plus en plus à l’aise au volant de la 208 WRX.

Pour l’instant, j’ai signé deux podiums. Maintenant, j’espère gagner. Une fois? Non, plusieurs fois!

– D’ici-là, vous allez replonger dans l’atmosphère du rallye-raid, à l’occasion du Silk Way. Qu’attendez-vous de cette répétition avant le Dakar?

– Je considère qu’il s’agit plus d’un entraînement que d’une répétition. Car pour répéter, il faut déjà avoir fait ses gammes. Ce qui n’est pas notre cas. En quinze étapes de course, on aura fait plus de bornes (*) que depuis nos débuts en rallye-raid. Pour l’expérience, c’est un passage important.

– Vous parlez de celle qui vous à fait défaut à l’occasion de votre premier Dakar, en janvier dernier?

– Oui. Même si on a été en tête à l’issue de la première semaine, on savait qu’à un moment ou à un autre, cela allait se compliquer… Dans le hors-piste, les dunes et le sable, on a encore tellement de choses à apprendre.

– Que vous manque-t-il pour rivaliser avec Stéphane Peterhansel, le spécialiste du désert?

– Réussir à passer entre les embûches. Quand on est sur la piste, comme ce sera a priori le cas jusqu’à la première journée de repos (le 15 juillet au Kazakhstan) , on est plutôt dans notre élément. C’est ensuite que ça se corse. En Chine, il faudra encore s’attendre à pelleter! Le but sera justement d’apprendre à “lire” les dunes, de savoir quand et comment ça peut passer, mais aussi quand il faut contourner l’obstacle. On va essayer d’anticiper les difficultés, pour ne pas trop se tromper.

– De fait, vous ne jouez pas une place au général…

– On ne va pas non plus se traîner sur la route , loin de Stéphane Peterhansel et de Cyril Despres (les deux autres pilotes Peugeot). Le plus dur sera de trouver le bon rythme. Surtout, il s’agira d’accumuler les kilomètres en vue du Dakar.

– Vous pensez déjà au départ de la prochaine édition?

– Y penser, non, parce que c’est encore loin. Mais il est évident que le Dakar est l’objectif le plus important de la saison.

Propos recueillis par Sébastien Keller © Dernières Nouvelles d’Alsace 09/07/2016