Loeb prend date

Victime d’un problème mécanique en finale, Sébastien Loeb n’a pas pu briguer le podium lors de sa première course en Championnat du monde de rallycross. Qu’à cela ne tienne, l’Alsacien y a pris goût.

Hier soir, sur la route entre Montalegre et Porto, où il avait prévu de passer la nuit, Sébastien Loeb se disait « plutôt satisfait » de ses débuts en Mondial de rallycross.

Tout au long du week-end, le pilote de la Peugeot 208 WRX frappée du numéro 9 – comme le nombre de titres mondiaux en rallye classique – a allié de manière assez efficace l’apprentissage d’une discipline nouvelle et la performance.

« On était dans le rythme »

« Pour cette première, le but était déjà de sortir des qualifications puis de se hisser en finale, raconte-t-il. À ce titre, le contrat est rempli. »

Dans le coup dès les essais libres, le néophyte a dû assimiler en un temps record toutes les spécificités du rallycross, tout en étant confronté à un obstacle supplémentaire : la météo franchement mauvaise sur le nord du Portugal.

« Notre voiture n’était pas trop adaptée à la situation, dit-il. Les réglages sont trop agressifs et le moteur est trop brutal dans la boue. Il a fallu s’en accommoder, tout en essayant de rectifier le tir entre chaque manche. J’ai quand même été en galère… »

Sur la défensive, l’Alsacien privilégie alors la constance aux coups d’éclat. Samedi, les deux premières manches qualificatives sont conclues à la cinquième place. Hier, les deux dernières sont gérées avec encore plus de prudence (sixième puis neuvième). Mais l’essentiel est acquis. Septième au cumul des quatre manches, Loeb fait partie du Top-12 invité à disputer les demi-finales.

« C’est une autre course qui commence, explique-t-il. En “qualifs”, tu chasses le temps, sans trop te soucier des autres. Là, il faut se frayer un chemin entre les concurrents pour figurer dans les trois premiers. »

Dans cet exercice, Loeb est efficace. Il finit deuxième de sa série (six voitures au départ), derrière le Suédois Johan Kristoffersson (Volkswagen Polo).

« Cela a été ma meilleure manche du week-end, poursuit-il. J’étais dans le bon wagon dès le départ, j’ai attaqué avec plus de confiance. »

Las, la finale ne lui permet pas de poursuivre sur son élan. Alors qu’il semblait en mesure de se battre pour le podium, Loeb est contraint de lever le pied : « On a eu un problème au niveau de la transmission, peut-être le cardan qui a lâché. Mais bon, avant ça, on était dans le rythme. »

Prochaine étape à Hockenheim

Au final, c’est Petter Solberg (Citroën DS3), son ex-rival en WRC et double champion sortant, qui s’impose et devient le premier leader de la saison, avec un total de 29 points.

« J’en prends 17, précise le Haguenovien, qui pointe au septième rang au général. L’écart n’est pas important, mais il ne faudra pas perdre autant de points chaque week-end ! »

À Montalegre, Sébastien Loeb s’est déjà pris au jeu. « Il y a de l’intensité, une bonne ambiance et du monde au bord de la piste, apprécie-t-il. À chaque départ, tout est remis à zéro. C’est motivant. »

Avant le prochain meeting, les 7 et 8 mai à Hockenheim, le perfectionniste voudra gommer les petites erreurs qui l’ont ralenti, tant dans son pilotage que sur la voiture. « On sait dans quels domaines on doit travailler », conclut-il.

C’est une certitude : le champion alsacien, qui sera en essais en ce début de semaine, ne va pas lâcher le morceau.

Sébastien Keller © Dernières Nouvelles d’Alsace 18/04/2016